13 août 2010
Matchs de Foot dans le ghetto : Soweto vs Aubervilliers
Même Soweto est gagné par l'ambiance Coupe du monde qui règne dans tout le pays : les rues du ghettos sont décorées de drapeaux et une guirlande est accrochée sur un palmier déplumé
Bien qu'un stade gigantesque y ait été construit pour l'événement, les habitants de Soweto doivent se contenter de jouer sur des terrains en terre (où les joueurs dérapent et se blessent), entourés de pierres et de fils barbelés
Lorsque nous arrivons sur le terrain, nous avons la surprise de voir un public familial et relativement nombreux. Non seulement parcequ'ici, les gens sont fans de foot, mais aussi parceque les habitants sont curieux de voir ces jeunes qui sont venus de France pour rénover une école pour leurs enfants. Tout le monde est très amical, on nous sourit et les moins timides viennent nous questionner "C'est vrai ? vous êtes vraiment venus d'Europe ???". On sent que les gens d'ici ne sont pas habitués à cette solidarité internationale (d'ailleurs, nous avons parfois eu l'impression que nos partenaires n'osaient pas rééllement y croire, jusqu'à ce que nous débarquions à l'aéroport). Les gens sont touchés et ils nous le montrent avec dignité, à travers des petites attentions. Notamment en venant renforcer le nombre de joueurs dans notre équipe et en l'encourageant à grands coups de vuvuzelas. Sadio apprend même aux enfants à crier "Allez l'Omja ! Allez l'Omja !"
Afin de donner une dimension plus grande à cette rencontre sportive amicale, nous avons apporté un trophée. En attendant d'entrer sur le terrain, nos joueurs s'entrainent sous le regard dubitatif des enfants.
Tandis que Madina portent les habits, les sacs tout en prenant des photos
Nous terminons cette belle journée, riches d'échanges chaleureux, en offrant un goûter géant aux enfants du quartier.
16 août 2010
L'équipe de choc/ the dream team
Il serait grand temps que nous nous présentions à vous :
voici l'équipe de l'Omja qui est partie en Afrique du Sud.
Nadaax (Nadir) : Nadir s'est beaucoup impliqué dans ce séjour sud africain, dès les premières séances de préparation en novembre 2009. C'est un artiste qui fait partie d'un troupe de cirque, de danse contemporaine et de théâtre. Il travaille sur un projet pilote d'apprentissage danse/ cirque à des malades atteints du cancer. Il est très enthousiaste, aime communiquer avec les gens et adore être pris en photo.
Sadio : C'est une nature, une tornade d'énergie et de générosité. En improvisant un cours de danse avec les enfants dans une rue de Soweto, elle a bluffé tout le monde. Et c'est alors qu'elle faisait de vigoureux "au revoir" de la main en repartant, qu'elle a prononcé cette phrase mythique "Heuu... comment on dit "bye" en anglais ?"
Fouss (Fousseynou) : Il est grand, tres grand et ne sent pas toujours sa force. Il a été d'un efficacité remarquable pendant le chantier et a mis tout le monde à l'amende au bowling avec un score de 160.
Madina : Ah Madina ! Tellement gentille et attentionée envers chacun. En plus elle est toujours de bonne humeur, fait exploser les barrières entre les clans et se laisse mettre en boite en souriant. A ces multiples qualités, il faut ajouter un sens de l'orientation qui n'appartient qu'à elle* : elle s'est perdue dans la maison alors que nous y vivions déjà depuis 3 ou 4 jours. Au départ, elle ne connaissait que Dialla, son amie d'enfance, mais elle est revenue avec des amis pour la vie. A noter, son organisme peut ingurgiter un nombre impressionnant de bonbons chimiques et de sucettes aux parfums étonnants (non, pas de la drogue mais des sucettes "banane/ fraise/ piment" ou des milk shakes bleu vif au bubble gum).
(*= KhXXX : Heureusement !) :
Rrrrrrrrama Yade (Dialla) : Elle adore se faire passer pour une peste, mais c'est un coeur pur. Elle a un caractère entier, ne mache pas ses mots et ne rechigne jamais à donner un coup de main. C'est une fonceuse. Elle aussi s'est beaucoup investit dans ce voyage dès la préparation en novembre 2009. Elle a gagné son surnom "Rama Yade" lors d'un petit déjeuner, en expliquant cash au maire d'Aubervilliers qu'elle comptait bien lui succéder. Apprécie peu la nourriture sud africaine mais aime BEAUCOUP se prendre en photo (peut etre encore plus que Nadir..). Son don de l'observation est redoutable et son passe temps favori semble être de torturer Madina, son amie d'enfance.
Khalo ou Doyen (Khalid) : Il déteste les faux semblants et n'aime que les choses vraies, authentiques : le soleil, la mer, le sourire des gens. Ce gars-là sait pourquoi il est là, et met de la conscience même dans les petites choses de la vie quotidienne. Son sens de la négociation a été très précieux : il a réussi à faire baisser les prix du matériel de chantier de 20% dans un magasin discount ! Et ceci sans maitriser l'anglais et avec une telle bonne humeur que le patron nous a offert des boissons en repartant. Mais ce n'est pas armé d'une calcultrice qu'il est le plus redoutable : RIEN ne lui échappe. Il est toujours témoin du moment où on trébuche ou on se retrouve en situation ridicule.
Dounia : dite Doudou, Ma puce ou Poupééééééee ;). Elle ne connaissait personne dans le groupe au départ, ne partage pas forcément les mêmes codes linguistiques que les autres, mais elle aussi est revenue de ce voyage avec des amis pour la vie. Etudiante en management culturel à La Sorbonne, elle a fait un film sur notre séjour et sa maitrise de l'anglais a permis de mieux communiquer avec les jeunes sud africains (notamment sur le tournage du court métrage réalisé en commun avec l'association South African Roadies). Cette jeune fille bien sage* a de multiples atouts, notamment une capacité phénoménale à s'endormir : la veille du départ, alors que toute la chambrée des filles faisait ses valises dans une pagaille totale, on a vu Dounia la tete dans son sac de voyage. Elle dormait...
(*= Madina : Mouaaais....)
Zamblé (Moussa) : Ses prouesses sur le terrain de foot de Soweto lui ont valu les applaudissements des gens du quartier (alors qu'il jouait contre leur équipe !!). Il est très à cheval sur tout ce qui est "prévention incendie". La preuve ? Régulièrement, entre 3h 30 et 5h du matin, il entrait en hurlant dans la chambre des filles "Debout, vite, debout... Y'a le feu.. sur la tete de ma mère...levez vous vite!". Il donnait aussi des recitals de vuvuzela, à peu près aux mêmes heures.
Charlie (Mamadou) : Grand amateur de musique traditionnelle malienne, il était l'un des plus motivés sur le chantier où il réussissait à dialoguer avec les ouvriers sud africains avec juste 3 mots d'anglais. C'est un albertivillarien convaincu. Et surtout, il est très débrouillard.
Ness ou Ne2s (Nessrine) : Avant tout, elle aime communiquer, aller vers les gens. C'est un esprit curieux, une jeune fille qui a envie de découvrir le monde. Grande supportrice de l'Espagne, elle a même réecrit les paroles de la chanson "Waka Waka" :"Zamina mina hé hé hé waka waké waka hééé Et viva Espagna !". Et elle a profité de sa vague ressemblance avec Shakira pendant le tournage du cours métrage, lors de la chorégraphie avec les danseurs de Soweto. Malheureusement pour sa valise, elle est atteinte de troubles d'achat compulsif dès qu'elle voit une enseigne Mr Price, et l'enregistrement de ses bagages au retour a été sportif. Enfin, Ness... Tu vois c'que j'veux dire ;-)
Bouek (Boubacar) : Regardez bien cette photo, elle est rare : Bouek fuit dès qu'il voit un appareil photo. Il n'aime pas ça ! Il y a beaucoup de choses qu'il n'aime pas, d'ailleurs, et il râle beaucoup. Un vrai franchouillard ! Il aime sa tranquilité et n'est pas un grand bavard.
Hakima : Elle est arrivée a mi parcours, et elle s'est donnée à fond pour encourager l'équipe de l'Omja sur le terrain de foot (avec les enfants que Sadio avait entraînés à crier en choeur "Allez l'Omja" ).
Yous (Oussmane) : Méfiez de ses allures de bon garçon timide, il ne se laisse pas faire (surtout par Madina, qui adore taquiner tout le monde ;). Il aime les conversations posées, profondes et prétend n'avoir dépensé que 100 rands (9, 86 euros) pendant les 10 derniers jours, ce que PERSONNE ne croit.
Ibrahim : Animateur à l'Omja, c'est un mordu de foot et il a organisé un tournoi mémorable avec les habitants de Soweto (qui s'est terminé par un grand goûter pour les enfants du quartier). Il a aussi le don pour trouver l'expression adaptée à la situation, avec son sens piquant du comique. "Quel Match !" et "C'est comme à la cantoche" ont marqués le séjour.
Joris : Intervenant vidéo, Joris a assuré les ateliers (malgré son anglais... hésitant) et supervisé le tournage du court métrage. L'hiver sud africain a été sans pitié pour lui, le condamnant à un rhume tenace pendant tout le séjour. Entre deux quintes de toux, il a réussit à entrainer une partie de l'équipe dans son programme de remise en forme avec des séances d'abdos quotidiennes. Il a également réussi à dompter le pitbull de la maison (maison par ailleurs entourée de murs, de fils barbelés et de caméras de surveillance), qui aboyait furieusement dès qu'il entendait un bruit. Le grand kiff de Joris : hurler "Action !" (avec l'accent américain) et "Cut !".
Magali : responsable de secteur à l'Omja : très enrichissant, ce voyage l'a épuisée et lui a fait un peu perdre la tête
Waka Waka : Auber/ Joburg/ Soweto
Notre ami/partenaire Thabiso (de l'association de Soweto pour qui nous avons fait le chantier) est passé nous voir sur l'atelier vidéo. Et c'est là qu'il a rencontré l'autre partenaire sud africain de notre projet, South African Roadies Association. Or, ces deux associations, qui ne se connaissaient pas, sont complémentaires : l'une est composée d'artistes, l'autre de techniciens du spectacle.
Entre eux le courant est passé tout de suite. D'autant plus qu'ils travaillent tous deux avec des jeunes de Soweto. Et pendant que nous débattions du scénario, nos amis ont convenus d'un partenariat : Une fois par semaine, les jeunes roadies s'occuperont de la partie technique de la répétition publique au centre James Mangé + régulièrement, les enfants du Centre James Mangé se produiront à Johannesburg, sur la scène de South African Roadies + les danseurs viendront à South African Roadies pour suivre une formation sur les lumières, afin de mieux maîtriser les aspects techniques pour leurs créations artistique. C'est un bel exemple de synergie, de collaboration constructive dans le contexte post apartheid de la société sud africaine, et nous sommes très fiers que cette rencontre ait eu lieu grâce à nous.
Du coup, Thabiso et ses danseurs sont venus participer à la scène finale du film, en enseignant la chorégraphie de "Waka waka" qu'ils avaient faite lors de la cérémonie de clôture de la Coupe du Monde (on a tous vu Thabiso sur les écrans géants, au Tv center) à Nessrine, Madina et des jeunes de South African Roadies.
Le court métrage ne sera peut-être pas exceptionnel, mais le tournage a été un moment de partage inoubliable ! Merci à nos amis Sud Africains.
19 août 2010
Johannesburg, une ville en mouvement... perpétuel
Johannesburg (plus généralement appelée "Joburg") est une ville en constante mutation. Et par la fenêtre du minibus, on passe devant différentes facettes de la ville, de structures insalubres à des quartiers magnifiques (vous pouvez le constater grâce aux photos)
De la même manière des marchés informels côtoient de luxueux centres commerciaux, comme ce marché coincé entre un parking d'hypermarché et une autoroute. Sur les autoroutes, justement, on peut voir des gens -trop fauchés pour prendre les transports en commun- marcher à travers les rocades et même des vendeurs à la sauvette attendant les clients sur la bande d'arret d'urgence !
A Johannesburg la publicité est partout, surtout pendant la Coupe du Monde !! C'est sans doute grâce à cette tradition africaine des publicités peintes directement sur des supports muraux qu'il y a tant de murs peints à Joburg (voir message suivant)
A Soweto, même la petite boutique d'un marchand de pneus était surplombée par un ballon géant marqué du logo d'une des grandes banques sud africaines. Quant à l'autre grande banque du pays, elle a demandé à des artistes de peindre les énormes cheminées grises de la centrale électrique désaffectée de Soweto, afin que le ghetto soit paré pour le mondial.
Quand on vous dit que "publicité" et "coupe du monde" font très bon ménage et sont partout... De l'entrée de la ville aux poubelles publiques en passant par le pont Nelson Mandela, rien n'échappe à cet événement. Et pourtant cette débauche de moyens (choquante quand elle est confrontée à des situations de pauvreté) a participé à l'état d'esprit formidable, festif et ouvert sur le monde, qui régnait.
Il faut bien avouer que tout le monde était conditionné pour que ce mondial soit une réussite extraordinaire. Les critiques avaient plu sur l'Afrique du Sud, prophétisant qu'elle serait incapable d'échapper à des bavures majeures. En relevant le défi avec panache, le pays a prouvé de quoi le continent africain était capable. Dans les 2 dernières semaines, au fil des jours, on sentait que les sud africains s'étonnaient eux même. Et qu'à juste titre, ils en étaient très fiers
On avait tout de même l'impression que la ville était dominée par Nike et Coca Cola













































